En enregistrant son double disque "Repères", la Promotion Colonel Cazeilles a voulu fixer dans nos esprits la richesse du patrimoine français afin de donner au présent des repères pour construire l'avenir.

Notre chant de promotion tout d'abord, est le symbole de notre référence commune à un parrain exemplaire et exceptionnel: Le Colonel Cazeilles. Il exige de nous abnégation, "hardiesse et allant".


Les chants coloniaux et de tradition saint-cyrienne ensuite, sont l'hommage rendu à ceux qui nous ont précédé et ont édifié la grandeur de la France. Ils incarnent un idéal de service.
Les chants de nos régions enfin, préfigurent par leur diversité la richesse de notre patrie. Il nous appartient de les conserver et de les transmettre. Ils nous rappellent que rien de vraiment grand ne peut être fait sans une parcelle d'audace.
Maintenons précieusement ce culte du chant à la fois joyeux, grave et solennel.

Puisse l'écoute de ces deux disques faire vivre la mémoire de nos anciens, et donner des repères aux plus jeunes comme autant de valeurs à cultiver. Ces valeurs sont principalement celles de la droiture , du courage et de l'honneur.

Alors nous aurons réussi.

Le Père Système
Slt de La Chapelle,

Le Colonel CAZEILLES du 21eme Colonial

"Baïonnettes au canon, suivez votre Colonel! ". C'est par ces mots que le Colonel Cazeilles entraîne ses marsouins à l'assaut, avant de s'effondrer, le 15 juin 1940 à Rembercourt -aux-pots, en Argonne.
Né en 1893, Jean Cazeilles intègre l'Ecole Spéciale Militaire en 1913, promotion "Croix du Drapeau". Il sert dans l'infanterie Métropolitaine dès 1914, se distinguant par ses qualités d'entraîneur d'hommes et son ardeur au combat. Blessé au feu, quatre fois cité, il rejoint l'Armée d'Orient en 1918.
Le Général Franchet d'Esperey le décore de la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Il n'a que 25 ans.
Au Maroc, où il a été affecté, le Général Lyautey le cite à l'ordre de l'armée pour son action déterminante dans le combat de Bou Knadel.
Après le stage de l'Ecole Supérieure de Guerre, il commande un Bataillon au 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais. Parallèlement, il publie un ouvrage sur la rupture du front bulgare remarqué en haut-lieu.
Il est Colonel depuis peu quand la guerre éclate et occupe le poste de chef d'état-major à la 9ème Division d'Infanterie Coloniale.
Le 25 janvier 1940, il prend le commandement du 2lème Régiment d'infanterie Coloniale stationné à l'extrémité ouest de la ligne Maginot. A partir du 10 mai, le régiment fait face sans faiblir aux attaques allemandes puis est mis le mois suivant à la disposition de la 35ème Division d'infanterie dans la région de Sainte-Ménéhould. Menant un héroïque combat retardateur, le 21ème RIC se sacrifie derrière son Colonel.
Exemplaire au combat, meneur d'hommes, le Colonel Cazeilles a accompli, dans le sacrifice suprême, son destin de soldat au service de la Patrie. Officier généreux, soucieux de ses hommes, exigeant et toujours tendu vers l'excellence, il a par son exemple sublimé les plus hautes valeurs de l'abnégation et de l'héroïsme qui font les vertus de l'Officier français.

LES TROUPES DE MARINE

"L'arme de tous les héroïsmes et de toutes les abnégations"
Maréchal Lyautey

C'est Richelieu qui crée l'amorce de l'infanterie coloniale en 1622 avec les compagnies de la Mer. En 1834, une ordonnance de Louis-Philippe donne naissance à l'infanterie coloniale. Mais à partir de 1856, cette infanterie coloniale n'est plus utilisée pour le service à bord des bâtiments. Les soldats deviennent des passagers d'où la comparaison avec les cétacés qui accompagnent les navires, les "marsouins". Accroché à son rocher, l'artilleur de marine ressemble à un bigorneau ou "bigor".
En 1870, les troupes de marine comptent 4 régiments avec 186 compagnies dont 7 outre-mer. 1870 est aussi l'année où Bismark déclare la guerre à la France et les marsouins sont engagés au sein de la division bleue ainsi dénommée du fait de la couleur de leur uniforme. Ils s'illustrent tout particulièrement lors des combats de Bazeilles, les 31 août et 1er septembre de cette même année. Ce combat désepéré et héroïque marque profondément les coloniaux qui gardent le souvenir de cette journée de gloire et de deuil à laquelle ils rattachent toutes leurs traditions.
Cependant les troupes coloniales participent à la conquête de l'empire français en Afrique noire, en Extrême-Orient; mais aussi au Maroc, à Madagascar et au Mexique.
La grande guerre leur permet de se distinguer sur la Marne, à Verdun, en Champagne ou dans les Balkans.
Une fois encore, on retrouve la Coloniale durant le second conflit mondial venant en aide à la mère Patrie, en Indochine, en Algérie, et après 1962, partout où la France intervient. Ils assurent actuellement la présence française Outre-Mer.
Parmis les premiers régiments professionnalisés, les Troupes de Marine forment aujourd'hui un des fer de lance de l'armée française.

SAINT-CYR

Ce nom est évocateur, ne serait-ce que par l'image du Casoar rouge et blanc fleurissant le shako des Saint-Cyriens. Mais encore, l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, fondée en 1802 par Bonaparte, est l'école de recrutement direct de l'armée de terre. La scolarité est fixée à trois ans depuis 1984, trois années au cours desquelles sont dispensées une instruction militaire généraliste et un enseignement académique scientifique, économique ou de relations internationales. Les jeunes Sous-Lieutenants choisissent l'arme dans laquelle ils continueront de servir à la fin de la dernière année.
Les traditions font une part importante de l'identité de l'école, car à travers elles, c'est l'esprit saint-cyrien qui vit. Ainsi en est-il du 2S, célébration de la victoire d'Austerlitz en 1805 et du Triomphe qui voit le baptême de la nouvelle promotion.
La promotion Colonel Cazeilles (1995-98) se fait un devoir de perpétuer et de faire vivre ces traditions. Ainsi le Premier Bataillon de France participe à de nombreuses prises d'armes et cérémonies militaires, organise son Gala parisien, met en place de nombreuses "perches" (touches d'humour pouvant apparaitre n'importe où, n'importe quand...), participe à des activités sportives telles que le TSGEM, le trophée ALAT, la course de l'EDHEC, et enfin honnore en toutes occasion son Parrain et ses Anciens.

LA CHORALE

Formée au cours de la deuxième année (2eme Bataillon), la chorale regroupe une trentaine de passionnés qui consacrent un peu de leur précieux temps à la lyre. D'horizons musicaux divers, notre but n'est pas d'atteindre une hypothétique perfection technique, mais plutôt, privilégiant une interprétation franche et virile, de transmettre à nos auditeurs un peu de ce plaisir et de cette flamme que nous avons au fond du coeur.

Les Chants du CD : Paroles et Musiques

CHANTS du Disque 'Repères' (Double CD)
Titre (cliquez pour les Paroles)Fichier
.MID
Titre (cliquez pour les Paroles)Fichier
.MID
  • Saint-Cyr :
  • Régions de France :
  • Chant PromotionOuiChantons pour passer le temps (Normandie)Oui
    Les CasosNonSi calme, si tranquille (Poitou)Oui
    La GaletteOuiAdieux suisses (Suisse Romande)Oui
    Le Pékin de BahutNonLe vieux chalet (Savoie)Oui
    Le Motet pour le souvenir françaisOuiKousk Breiz Izel (Bretagne)Oui
  • Troupes de Marine :
  • La chasse (Sologne)Oui
    Quand Jésus-Christ créa la colonialeOuiCoupo Santo (Provence)Oui
    Hymne de l'infanterie de marineNonLes Corsaires (Nord)Oui
    Les AfricainsNon Adieu Madras(Martinique)Oui
    Oh douce FranceOuiSe canto (Béarn)Oui
    Le fanion de la colonialeOuiLe vieux soldat (Alsace)Oui
    Au 31 du mois d'aoûtOuiLes plaisirs sont doux (Bretagne)Oui
    Marche de la 9eme DICNonLe vin gaulois (Bretagne)Oui
    Je suis MarsouinOuiPassant par Paris (Toulonnais)Oui
    Marie DominiqueOuiLes fantassins du Lyonnais (Lyon)Oui
    OpiumNonSouvenir Français (2eme Version)Oui

    Page
    Principale

    © SNOTDM - 1998 -



    Paroles des Chants :



    LA GALETTE


    La promotion d'Isly (1843-1845) créa ce chant de protestation contre la suppression par le commandement de la contre-épaulette, dite "galette", que portaient les élèves moyennement classés. Ce chant devenu l'hymne de l'Ecole se chante au garde-à-vous dans les instants de solennité.

    Noble galette que ton nom,
    Soit immortel dans notre histoire,
    Qu'il soit ennobli par la gloire
    D'une vaillante promotion,
    Et si dans l'avenir
    Ton nom vient à paraître
    On y joindra peut être
    Nôtre grand souvenir
    On dira qu'à Saint-Cyr
    Où tu parus si belle
    La promotion nouvelle
    Vient pour t'ensevelir.

    Toi qui toujours dans nos malheurs,
    Fus une compagne assidue,
    Toi, qu'hélas nous avons perdue,
    Reçoit le tribut de nos pleurs.
    Nous ferons un cercueil
    Où sera déposée
    Ta dépouille sacrée
    Nous porterons ton deuil.
    Et si quelqu'un de nous
    Vient à s'offrir en gage
    L'officier en hommage
    Fléchira le genou.

    Amis il faut nous réunir
    Autour de la galette sainte
    Et qu'à jamais dans cette enceinte
    Règne son noble souvenir.
    Que ton nom tout puissant
    S'il vient un jour d'alarme
    A cinq cents frères d'armes
    Serve de ralliement.
    Qu'au jour de la conquête
    A défaut d'étendard
    Nous ayons la galette
    Pour fixer nos regards.

    Soit que le souffle du malheur
    Sur notre tête se déchaîne
    Soit que sur la terre africaine
    Nous allions périr pour l'honneur,
    Ou soit qu'un ciel plus pur
    Reluise sur nos têtes
    Et que loin des tempêtes
    Nos jours soient tous d'azur
    Oui tu seras encore
    0 galette sacrée
    La mère vénérée
    De l'épaulette d'or.

    LES CASOS




    Le Casoar apparait à Saint-Cyr en 1855, lors d'un défilé en l'honneur de la Reine Victoria; il est depuis un symbole de sacrifice qui a acquis une aura mythique lors des charges de 1914.
    Ce chant est toujours chanté par l'école lors des défilés.

    Quand les Cyrards quittant l'Ecole
    A Paris débarquent gaiement
    Les casos frisés par le vent
    Se répandent en bandes folles
    Ils flottent, ils flottent gentiment
    Les casoars rouges et blancs

    Ils font l'objet de rêveries
    Des mamans berçant leur bébé,
    Les potaches à l'air blasé,
    Leur jettent des regards d'envie
    Ils fuient rapides et légers
    Comme des rêves ébauchés.

    Ils vont là où le cœur les mène
    Au nid d'amour pour s'y griser
    De caresses et de baisers
    Dont ils sont privés en semaine
    Ils frôlent des minois charmants
    Les casoars rouges et blancs.

    Mais quand là-bas à la frontière
    Le canon les a appelés
    Ils vont combattre en rangs serrés
    Pas un ne regarde en arrière
    Ils sont les premiers à l'assaut
    Les valeureux petits casos.

    Rouges et blancs ils sont l'emblème
    Des amours noyés dans le sang
    D'adieux que le Cyrard mourant
    Fait porter à celle qu'il aime
    Ceux-là font couler bien des pleurs
    Qui sont tombés au Champ d'Honneur.

    Tantôt les caresses des femmes,
    Tantôt les balles et les boulets
    Aimer, mourir, c'est leur métier
    De servir la France et les Dames
    Voilà ce que disent en mourant
    Les casoars rouges et blancs.

    OH ! DOUCE FRANCE



    Chœur à trois voix composé à l'intention des troupes servant Outre-Mer.
    Il fut lancé par Radio Saigon en 1948.

    REFRAIN:
    Oh ! Douce France,
    Mon beau pays
    Lieu de mon enfance,
    Du bonheur, des chansons et des rires
    Ta souvenance berce ma dolence
    D'un chant d'espérance.

    Hélas sur cette terre
    Où je suis exilé,
    Mon âme est solitaire
    Et mon coeur désolé.
    J'attends chaque jour
    Le moment du retour.

    Ici ton cher visage
    Eclaire nos destins.
    Pour garder bon courage
    On pense aux clairs matins
    Qui chassaient toujours
    L'ombre des mauvais jours.

    LES AFRICAINS




    Cette mélodie, marche officielle du corps expéditionnaire africain venu libérer la France pendant la seconde guerre mondiale a été composée par Félix Boyer.

    Nous étions au fond de l'Afrique
    Gardiens jaloux de nos couleurs.
    Quand, sous un soleil magnifique
    Retentissait ce cri vainqueur
    En avant ! En avant ! En avant !

    REFRAIN:
    C'est nous les Africains
    Qui arrivons de loin
    Nous venons des colonies
    Pour sauver la Patrie.
    Nous avons tout quitté,
    Parents, gourbis, foyers,
    Et nous gardons au cœur
    Une invincible ardeur
    Car nous voulons porter haut et fier
    Le beau drapeau de notre France entière;
    Et si quelqu'un venait à y toucher,
    Nous serions là pour mourir à ses pieds.
    Battez tambours, à nos amours
    Pour le Pays, pour la Patrie,
    Mourir au loin, c'est nous les Africains.

    Pour le salut de notre Empire
    Nous combattons tous les vautours.
    La faim, la mort nous font sourire
    Quand nous luttons pour nos amours.
    En avant ! En avant ! En avant !

    De tous les horizons de France
    Groupés sur le sol africain
    Nous venons pour la délivrance
    Qui, par nous se fera demain
    En avant ! En avant ! En avant !

    Et lorsque finira la guerre
    Nous reviendrons à nos gourbis
    Le cœur joyeux et l'âme fière
    D'avoir libéré le Pays
    En criant, en chantant: En avant !

    LE FANION DE LA COLONIALE



    Le fanion a ici valeur de symbole car la coloniale a toujours eu des drapeaux pour ses unités.

    REFRAIN:
    L'as-tu vu le fanion de la Coloniale,
    L'as-tu vu le fanion des Coloniaux ?

    On nous appelle les 'fortes têtes',
    On a mauvaise réputation,
    Mais on s'en fou comme d'une musette,
    On n'est pas fier au Bataillon
    Car ce qu'ignore le biffin,
    C'est que du soldat au colon,
    On a une âme, nous les Marsouins, la Coloniale

    Quand dégoûté, lassé, on doute de son passé,
    On rencontre un p'tit gars rêvant des honneurs d'ici-bas,
    On lui dit: "Viens petit, chez nous chercher l'oubli,
    Sous un soleil de plomb, chanter notre plus belle chanson."

    Du Tonkin à Gasa, d'Hanoï à Calcutta,
    De Sidi Bel Abbés au brûlant soleil de Mêknès,
    L'ancre d'or au képi, sans peur et sans répit,
    Quand il s'agit d'aller mourir on y va sans frémir.

    MARIE-DOMINIQUE



    Sur des paroles de Pierre Mac Orlan (ancien de la coloniale) et une musique de V. Marceau, ce chant est un des plus interprété par les Troupes de Marine.

    J'étais un soldat de marine
    J'venais m'engager pour 5 ans,
    J'avais 20 ans, belle poitrine
    Comme dans l'refrain du régiment.
    Dans les bistrots près de l'Oursine,
    Les anciens m'en faisaient un plat,
    Tu verras c'que c'est qu'l'Indochine
    Ecoute la chanson d'un soldat.

    REFRAIN:
    Marie, Marie Dominique
    Que foutais-tu à Saïgon ?
    Ca ne pouvait rien faire de bon
    Marie Dominique
    Je n'étais qu'un cabot clairon
    Mais je me rappelle ton nom
    Marie Dominique
    Est-ce l'écho de tes prénoms
    Ou le triste appel du clairon,
    Marie Dominique.

    Je ne savais pas que la chance
    Ne fréquentait point les Canyas,
    Et qu'en dehors de la cuistance
    Tout le reste ne valait pas ça.
    Tu m'as fait comprendre des choses
    Avec tes petits airs insolents,
    Et je n'sais quelles apothéoses
    C'était le plus clair de mes tourments.

    Ce fut Marie la Tonkinoise
    Qui voulut faire notre bonheur
    En m'faisant passer sous la toise
    Dans l'vieux cholon ou bien ailleurs.
    Tu étais rusée comme un homme,
    Mais ton but je l'voyais pas bien
    Avec ta morale à la gomme
    Au cours de la piastra Nankin.

    Tu m'as gâté mon paysage
    Et l'avenir quand sur le transport
    Je feuilletais de belles images
    Peintes comme des boudhas en or,
    Où sont mes buffles dans la rizière,
    Les sampas, l'arroyo brumeux,
    Les congaï, leurs petites manières
    Devant le pouvoir de tes yeux.

    OPIUM



    Qu'on ne s'y trompe pas, l'opium évoqué ici symbolise la nostalgie et l'éloignement du pays natal. Comme Marie-Dominique, ce chant est très prisé par l'ensemble des TDM.

    Dans le port de Saïgon
    Il est un jonque chinoise
    Mystérieuse et sournoise
    Dont nul ne connait le nom.
    Et le soir dans l'entrepont,
    Quand la nuit se fait complice
    Les Européens se glissent
    Cherchant des coussins profonds.

    REFRAIN:
    Opium, poison de rêve
    Fumée qui monte au ciel,
    C'est toi qui nous élève
    Au paradis artificiel.
    Je vois le doux visage
    Les yeux de mon aimée.
    Parfois j'ai son image
    Dans un nuage de fumée.

    Et le soir au port falot
    Les lanternes qui se voilent
    Semblent de petites étoiles
    Qui scintillent tour à tour.
    Et parfois dans leur extase,
    Au gré de la fumée grise,
    Le fumeur se représente
    Ses plus beaux rêves d'amour.

    Puisqu'on dit que le bonheur
    N'existe pas sur la terre
    Puisse l'aile de nos chimères
    Un jour nous porter ailleurs
    Au paradis enchanteur
    Plein de merveilleux mensonges
    Où dans l'ivresse de mes songe
    J'ai laissé prendre mon coeur.

    QUAND J.C. CREA LA COLONIALE




    Revendiquant des origines divines, la Coloniale n'en reste pas moins très proche des réalités terrestres.

    Quand Jésus-Christ créa la coloniale
    Il décréta qu'fallait des hommes costauds,
    N'ayant pas peur du feu, de la mitraille
    Et sachant boire le vin et le pernod
    REFRAIN

    Lin-thaï, muot, hai. ba
    Con-ghaï anamit lin-thaï
    Derrière la cagna bambou
    Ay, Ay, muot, haï, ba
    Derrière la cagna bambou
    Casser cai-dit, payer nuom-su.

    0 chu-duot-hoï, mon Capitaine
    Il a cassé, n'a pas payé.

    A Saïgon la ville principale
    Où les marsouins tenaient leur garnison,
    Les officiers en pousse-pousse se balladent
    S'faisant traîner comme de vulgaires cochons.

    Les officiers se payent les japonaises
    Tandis que nous, pauvres marsouins fauchés
    Nous nous payons c' qu'on appelle la terre glaise
    Spécialité de nos girons niakoués.

    JE SUIS MARSOUIN



    Variante colo du chant "Le Forban", célèbre air de marin.

    Je suis marsouin que m'importe la gloire
    Fils de roi et de prostituée,
    Sur un cadavre je chante victoire
    Et dans un crâne je bois la liberté.
    Vivre d'orgies est ma seule espérance,
    Le seul bonheur que j'ai su conquérir.
    20 ans sur mer ont bercé mon enfance
    C'est sur les flots qu'un marsouin doit mourir.

    REFRAIN:
    Vin qui pétille, femme gentille,
    Sous les baisers brûlants d'amour,
    Dans la bataille, mort aux canailles,
    Je ris, je chante et je bois tour à tour.

    Bien que marsouin vivant dans la débine,
    Méprisant même les lois de la mort
    Bien que vivant de meurtres et de rapines
    Je bois mon vin dans une coupe d'or.
    Allons esclaves, allons debout mes braves,
    Et vous aussi, tous mes chers matelots,
    Aujourd'hui fête et puis demain peut-être
    Mon corps ira s'abimer dans les flots.

    Peut-être un jour sur une yole étrangère
    Mon corps pendu servira d'étendard,
    Et tout mon sang rougira la galère.
    Aujourd'hui fête et demain le hasard.
    Vierge plaintive,ô toi chère captive,
    Ma bouche ira dévorer tes appâts,
    Encore brûlante du feu d'une autre amante,
    Ta vertu expirera dedans mes bras.

    AU TRENTE ET UN DU MOIS D'AOUT



    Les marsouins ont repris plusieurs chansons des marins du Roi, leurs lointains ancêtres, dont celle-ci qui figure parmis les plus connues.

    Au 31 du mois d'août,
    Nous vîmes venir sous l'vent à nous,
    Une frégate d'Angleterre,
    Qui fendant la mer et les flots,
    C'était pour aller à Bordeaux.

    REFRAIN:
    Buvons un coup, buvons en deux
    A la santé des amoureux
    A la santé du roi de France
    Et merde pour le roi d'Angleterre
    Qui nous a déclaré la guerre.

    Le capitaine au même instant,
    Fit appeler son Lieutenant,
    Lieutenant te sens-tu capable,
    Dis-moi te sens-tu assez fort,
    Pour l'aller crocher à son bord ?

    Le Lieutenant fier et hardi,
    Lui répondit : Capitaine, oui,
    Faites monter tout l'équipage
    Hardis gabiers, gars matelots,
    Faites monter tout l'monde en haut.

    Vire lof, pour lof en arrivant,
    Nous l'abordâmes par son avant,
    A coups de hache, à coups de sabre,
    De pique, de couteau, de mousqueton,
    Nous l'avons mis à la raison.

    Que dira-t-on de lui tantôt
    A Brest, à Londres et à Bordeaux
    De s'être ainsi laissé surprendre
    Par un corsaire de 15 canons,
    Lui qu'en avait trente et six bons

    LE PEKIN DE BAHUT




    On est "Pékin de Bahut" le jour où on quitte l'école et où le soleil se lève sur une nouvelle vie d'officier. Ce chant très traditionnel est chargé de signification. En effet, quand il est entonné, les plus jeunes doivent "disparaitre" des yeux de leurs anciens. Ainsi, lors des réunions Saint-Cyrienne, au fur et à mesure des couplets, les officiers présents s'effacent dans l'ordre inverse des promotions de l'Ecole, et il ne reste plus à chanter les dernières phrases que le ou les plus anciens, sans considération de grade.

    Trois saint-cyriens sont sortis de l'enfer
    Un soir par la fenêtre
    Et l'on dit que Monsieur Lucifer
    N'en est plus le maître.
    La sentinelle qui les gardait
    En les voyant paraître
    Par trois fois s'écria
    Halte là, qui va là,
    Qui vive.
    Et les trois bougres ont répondu
    Ce sont trois Saint-Cyriens
    Qui sont pékins de bahut.

    REFRAIN:

    0 pékin de bahut,
    Viens nous t'attendons tous.
    Nous leur ferons tant de chahut
    Qu'à la Pompe ils en seront fous.

    Un soir, dans un turne immense,
    Six cents martyrs étaient assis
    Les uns disaient: Ah Quelle chance!
    Dans six mois nous serons partis.
    Les autres, d'un air lamentable,
    Contemplant leurs anciens, avachis,
    Disaient: dans six mois, pauvres diables,
    Comme eux nous serons abrutis.

    Vous qui, dans l'espoir de Saint-Cyr,
    Pâlissez sur de noirs bouquins,
    Puissiez-vous ne jamais réussir
    C'est le voeu de vos Grands Anciens.
    Si vous connaissez les horreurs
    De la Pompe et du Bataillon,
    Vous préféreriez les douceurs
    De la vie que les Pekins ont.

    MOTET POUR LE SOUVENIR FRANÇAIS



    Le chant originel étant à quatre voix mixtes, nous l'avons réduit à trois voix d'hommes. Il est ainsi devenu un des chants de circonstance les plus utilisés du répertoire.

    Ils sont morts dans la bataille!
    Haut les fronts et hauts les coeurs!
    Sans courber leur haute taille,
    Morts debout ils sont vainqueurs.
    Dans les cieux ouvertsd'avance
    Dieu reçois ses fiers enfants;
    Gloire à ceux qui pour la France
    Ont voulu verser leur sang.

    Rien n'a pu calmer leurs fièvres,
    Rien n'a fait frémir leurs os;
    Ils sont mort l'espoir aux lèvres,
    Ils sont morts sans un sanglot;
    Ils sont morts mais sur leur tombe,
    Dieu fera des lys fleurir;
    Dieu bénit celui qui tombe,
    Dieu bénit qui sait mourir.

    CHANT DE PROMOTION



    Ecrit et composé par un Sous Lieutenant de la Promotion, il est l'âme de celle-ci. La version orchestrale adaptée par le chef de fanfare du 21è Régiment d'Infanterie de Marine (RIMA), nous a fait autant plaisir qu'honneur, c'est pourquoi nous avons souhaité qu'elle figure sur cet enregistrement.

    La revanche sonnait à l'est et son étendard relevé,
    La Patrie retrouvait son âme, nos trois couleurs leur pureté,
    Tandis que ceux de la Croix du Drapeau
    Faisaient serment de combattre en caso,
    Le souffle sournois des orages d'acier.

    REFRAIN:
    La foudre de l'assaut, la mitraille ennemie
    Souillaient la terre d'Argonne de sueur et de sang.
    L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan.
    Ô Colonel Cazeilles, vous vouliez cette nuit,
    Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
    Braver la moisson du feu, cruel sort.

    Lieutenant de la coloniale quand le canon a retenti,
    Emporté par quatre ans de guerre sans le moindre espoir de répit,
    Vous avez dans les sillons de Champagne,
    Imposé la noble ardeur catalane
    Et mêlé à cette boue un sang brûlant.

    Du front d'orient à Bou Knadel, du Rif aux forts de Maginot,
    Vaniteuse est l'histoire des guerres, mais humble est celle des héros.
    Cazeilles, l'homme de tous les combats,
    Un soir de juin dans un ultime exploit,
    D'un feu maudit fut la généreuse proie.

    En ce soir nos plumes de gloire sont empourprées de votre sang.
    Nos destins sont scellés au votre, donnez nous hardiesse et allant.
    Si l'histoire est un recommencement,
    Puissions nous vivre ce rêve envoûtant:
    Un chef de guerre tombant au premier rang.

    LES FANTASSINS DU LYONNAIS



    Considéré à tort comme contre-révolutionnaire, ce chant écrit sur l'air de la chanson d'Adam Billault exprime la volonté des citoyens lyonnais d'accéder à l'indépendance en s'opposant à la "dictature parisienne", toute puissante à cette époque.

    Aujourd'hui la ligue noire
    Vient se livrer à nos coups
    Ami verse-nous à boire
    Et la victoire est à nous.
    Tripe-z-ieux, remplis mon verre
    Le vin fait de bons guerriers
    Bacchus mon dieu tutélaire
    Arrosera nos lauriers.

    Un plat bougre nous menace
    La colère est sur son front
    Crancé foutre quelle audace
    Veut nous faire la leçon:
    A nous, jour de Dieu, j'enrage
    Nous, le fléau des pervers
    Nous, dont le même courage
    Se foutrait de l'univers.

    Verse donc, cher camarade
    De soif tu me fais languir
    Verse encore une rasade
    Et je veux vaincre ou mourir.
    J'en veux foutre cent par terre
    Et de sang tout innonder
    Oui, je veux dans la poussière
    Rouler Albite et Crancé.

    Peut-être qu'au sein de la gloire
    Un foutu morceau de plomb
    M'enverra sur l'onde noire
    Vers ce bougre de Caron
    Content, je perdrai la vie,
    Je m'en fous, j'aurais vaincu
    Quand on meurt pour la Patrie
    N'a-t-on pas assez vécu ?


    Femme, nargue le veuvage
    Quand j'aurai rendu l'esprit
    Dis-moi, foutre, est-on moins sage
    Quand on n'a pas de mari ?
    Mais, garde-toi qu'un faux frère
    Te fasse jamais la cour
    Celui qui tremble à la guerre
    N'est qu'un jean-foutre en amour.

    Gauthier, scélérat perfide,
    Assassin des lyonnais
    Et toi, Crancé parricide
    L'horreur de tous les français
    Ambitieux et sanguinaires,
    Les lyonnais sont tous prêts
    Ils embrasseront leurs frères
    Mais puniront vos forfaits

    La liberté, la patrie
    Voilà le voeu de nos coeurs
    Pour cette muse chérie
    Nous jurons d'être vainqueurs:
    C'en est fait, la canon gronde
    Nous ne voulons plus de paix
    Que tous les brigands du monde
    Soient aux pieds des lyonnais.

    COUPO SANTO


    Poème écrit par Frédéric MISTRAL sur un air ancien, devenu en quelque sorte l'hymne de la Provence.
    1 - Prouvençau, veici la coupo
    Que nous ven di Catalan;
    Adereng beguen en troupo
    Lou vin pur de noste plant,

    refrain: Coupo santo,
    E versanto,
    Vuejo a plen bord
    Vuejo a bord
    Lis estrambord
    E l'enavans di fort !

    2 - D'un viei pople fier e libre
    Sian bessai la finicioun
    Et se toumboun li felibre
    Toumbara nosto nacioun


    3 - D'une raço que regreio
    Sian bessai li proumié gréu:
    Sian bessai de la patrio
    Li cepoun emai li prieù

    4 - Vuejo-nous lis esperanço
    E li raive döu jouvènt,
    Dou passat la remembraço,
    E la fe dins l'an que vèn.

    5 - Vuejo nous la couneissènço
    Dou verai emai dou beu
    E lis auti jouissènço
    Que se truion dou tombèu

    6 - Vuejo nous la pouesio
    Pèr canta tout ço que viéu,
    Car es elo l'ambrousio
    Que tremudo l'ome en Diéu.

    7 - Per la glori dou terraire
    Vautre enfin que sias counsènt,
    Catalan, de liuen, o fraire,
    Coumunien toutis ensèn!


    Traduction littérale de l'auteur:
    1 - Provençeaux, voici la coupe
    Qui nous viens des Catalans;
    Tour à tour buvons ensemble
    Le vin pur de notre cru,

    refrain: Coupe sainte,
    Et débordante,
    verse à pleins bords
    Verse à flots
    Les enthousiasmes
    Et l'énergie des forts !

    2 - D'un ancien peuple fier et libre
    Nous sommes peut-être la fin
    Et si les felibres tombent
    Tombera notre nation

    3 - D'une raçe qui regerme
    Peut-être sommes-nous les premiers jets;
    De la patrie, peut-être nous sommes
    Les piliers et les chefs

    4 - Verse-nous les espérances
    Et les rêves de la jeunesse,
    Le souvenir du passé,
    Et le foi dans l'an qui vient.

    5 - Verse-nous la connaissance
    Du Vrai comme du Beau
    Et les hautes jouissances
    qui se rient de la tombe.

    6 - Verse-nous la poésie
    Pour chanter tout ce qui vit,
    Car elle est l'ambroisie
    Qui transforme l'homme en Dieu.

    7 - Pour la gloire du pays
    Vous enfin nos complices,
    Catalans, de loin, ô frères,
    Toud ensemble communions !


    LA BOURGOGNE


    Cette très ancienne chanson des vignerons bourguignons est une ode à leur belle région et à ses richesses infinies.
    1 - Au sein d'une vigne, j'ai connu le jour.
    Ma mère était digne de tout mon amour.
    Depuis ma naissance, elle m'a nourri,
    En reconnaissance, mon coeur la chérit.

    Refrain: Joyeux enfant de la bourgogne,
    Je n'ai jamais eu de guignon.
    Quand je vois rougir ma trogne,
    Je suis fier d'être bourguignon
    Et je suis fier (ter) d'être bourguignon

    2 - Toujours la bouteille à côté de moi
    Buvant sous la treille, plus heureux qu'un roi
    Jamais ne m'embrouille car chaque matin,
    Je me débarbouille dans un verre de vin.

    3 - Madère et Champagne approchez un peu!
    Et vous vins d'espagne, malgré tous vos feux
    Amis de l'ivrogne, réclamez vos droits
    Devant le Bourgogne, saluez trois fois !

    4 - Puisque tout succombe,un jour je mourrai
    Jusque dans la tombe toujours je boirai
    Je veux qu'en la cave où sera mon corps,
    On y mette un verre rempli jusqu'au bord.

    LE VIN GAULOIS


    Chant breton d'origine druidique au caractère païen nous rappelant nos racines gauloises, belliqueuses et guerrières.
    1 - Vive le vieux vin de vigne,
    Le vieux vin gaulois !

    refrain: Tan ! Tan ! Terre et ciel!
    Chêne, feu rouge et soleil
    Tan ! Tan ! Glaive clair,
    Flots de sang vermeil !

    2 - Mieux que bière ou vin de pommes
    Mieux vaut vin gaulois !
    3 - C'est le sang gaulois qui coule,
    C'est le sang gaulois !

    4 - Sang et vin mêlés ruissèlent
    Sang et vin gaulois !

    5 - Chant du glaive bleu qui frappe
    Chant du glaive roi !


    ADIEUX SUISSES


    Très tôt indépendante, la Suisse romande à cependant toujours gardé un esprit très français et immortalisa même cet attachement par le sacrifice de nombreux gardes suisses.
    1 - Nous étions trop heureux, mon amie;
    Nous avions trop d'espoir et d'amour;
    Nous croyions nous aimer pour la vie,
    Mais hélas! Les beaux jours sont si courts!

    2 - Le bonheur dure peu sur la terre;
    Entends-tu tout là-bas le tambour ?
    Mon doux coeur, je m'en vais à la guerre,
    Ne crain rien jusqu'au jour du retour

    3 - Tes baisers étaient doux à mes lèvres,
    Ton sourire était doux à mes yeux,
    Que nos larmes aujourd'hui sont amères,
    Donnons-nous le baiser des adieux !
    4 - L'ennemi a passé les frontières,
    Il a pris nos maisons et nos champs.
    Défendons le pays de nos pères,
    Il faut vaincre ou mourir bravement !

    5 - Compagnons, si Dieu veut que je meure,
    Retirez cet aneau de mon doigt.
    Mon amie est là-bas qui me pleure,
    Dites-lui: "Cette bague est pour toi !"

    LES PLAISIRS SONT DOUX


    Cette ancienne chanson jurassienne aux paroles moyennageuses glorifie la jeunesse et l'amour.
    1 - Les plaisirs sont doux
    D'être au-près de vous, la belle.
    Je soupire à vos genoux
    Et je brûle d'amour pour vous.
    Les plaisirs sont doux, demoiselle
    D'être auprès de vous.

    2 - Peut-on voir vos yeux
    Sans être amoureux, la belle,
    Ils sont doux et gracieux,
    Ils sont tout rempli de feu
    Peut-on voir vos yeux, demoiselle,
    Sans être amoureux.

    3 - Profitez du temps,
    De vos dix-huit ans, la belle,
    Car le temps viendra aussi,
    Que vous aurez un mari
    Profitez du temps, demoiselle,
    De vos dix-huit ans.

    4 - Plus d'un seul galant,
    C'est compromettant, la belle,
    Il faut choisir l'un d'entre eux,
    Faire aux autres vos adieux,
    Plus d'un seul galant, demoiselle
    C'est compromettant.

    SI CALME, SI TRANQUILLE


    A l'origine de ce chant, une vieille mélodie poitevine. Le poème est un appel plein d'espérance.
    1 - Si calme si tranquille
    Sur nous descend la nuit
    Les ombres se profilent
    Le jour au loin s'enfuit,
    La lune brille,
    Le jour au loin s'enfuit.

    2 - C'est l'heure des chimères,
    Le temps du souvenir
    La vie se change en rêve
    Présent et avenir
    Font une trêve
    Le temps du souvenir.
    3 - La terre se repose
    Tout rentre dans la paix
    Les êtres et les choses
    Retrouvent l'unité
    Paupières closes
    Tout rentre dans la paix.

    4 - Autour du feu qui danse
    Amis chantons encor
    Après ce grand silence
    Le monde, qui s'endort
    Dans l'espérance
    Reprendra son essor.

    LES CORSAIRES


    Toutes les régions côtières sont riches en chansons de marins, les Flandres n'échappent pas à cette règle et ce chant de corsaires du Nord en est l'expression.
    1 - Sont des hommes de grand courage,
    Ceux qui partiront avec nous
    Ils ne craindront point les coups,
    Ni les naufrages, ni l'abordage,
    Du péril seront jaloux
    Tout ceux qui partiront avec nous.

    2 - Ce seront de hardis pilotes,
    Les gars que nous embarquerons.
    Fin gabiers et francs lurons
    Je t'escamote
    Toute une flotte
    Bras solide et coup d'oeil prompt
    Tout les gars que nous embarquerons.
    3 - Ils seront de fiers camarades,
    Ceux qui navigueront à bord,
    Faisant feu babord, tribord,
    Dans la tornade
    Des canonades
    Vainqueurs rentreront au port
    Tout ceux qui navigueront à bord.

    4 - Car c'est le plus vaillant corsaire
    Qui donna l'ordre du départ.
    Vite en mer et sans retard.
    Faisons la guerre
    A l'Angleterre,
    Car c'est le fameux Jean Bart
    Qui nous commandera le départ.

    LE VIEUX CHALET


    Ce chant, bien que d'origine helvétique, représente touts nos régions montagneuses où on retrouve immanquablement le même thème. Les paroles symbolisèrent durant la dernière guerre l'espoir de retrouver la liberté et de reconstruire l'Europe.
    1 - Là haut sur la montagne,
    L'était un vieux chalet;
    Murs blancs, toit de bardeaux,
    Devant la porte un vieux bouleau.
    Là haut sur la montagne,
    L'était un vieux chalet.

    2 - Là haut sur la montagne,
    Croula le vieux chalet,
    La neige et les rochers
    S'étaient unis pour l'arracher;
    Là haut sur la montagne,
    Croula le vieux chalet.

    3 - Là haut sur la montagne,
    Quand Jean vint au chalet,
    Pleura de tout son coeur
    Sur les débris de son bonheur;
    Là haut sur la montagne,
    Quand Jean vint au chalet.

    4 - Là haut sur la montagne,
    L'est un nouveau chalet;
    Car Jean, d'un coeur vaillant,
    L'a reconstruit plus beau qu'avant;
    Là haut sur la montagne,
    L'est un nouveau chalet.


    KOUSK BREIZ IZEL



    Berceuse bretonne immortalisée par le chansonnier Théodore Botrel au début du siècle.
    1 - Le soleil s'est couché
    Encor un jour de plus,
    J'entends la cloche sonner l'angélus,

    Refrain: Dors, Ô douce et belle Arvor
    La nuit étend son voile aux perles d'or.
    Dors. le flot de l'océan,
    De son rythme lent, berce tes enfants.
    2 - Les senteurs du blé vert,
    Et du genêt fleuri,
    Embaument nos champs à travers la nuit,

    PASSANT PAR PARIS


    Chanson très populaire aux multiples version dans le sud-est de la France.
    1 - Passant par Paris, vidant la bouteille
    Un de mes amis
    Me dit à l'oreille, bon, bon, bon:

    Refrain:
    Le bon vin m'endort, L'amour me réveille,
    Le bon vin m'endort, L'amour me réveille encor.

    2 - Un de mes amis me dit à l'oreille
    Jean prends garde à toi,
    On courtis'ta belle bon, bon, bon:

    3 - ...Courtis'qui voudra, Je me fie en elle.

    4 - ...J'ai eu de son coeur, La fleur la plus belle.

    5 - ...Dans un beau lit blanc, Gréé de dentelles.

    6 - ...J'ai eu trois garçons, Tous trois capitaines.

    7 - ...L'un est à Bordeaux, L'autre à la Rochelle.

    8 - ...L'plus jeune à Paris, Courtisant les belles.



    ADIEU MADRAS


    Ce chant martiniquais représente toutes nos lointaines provinces, si chères à nos coeurs.
    1 - Adieu, Madras, adieu foulards,
    adieu rob'soie, adieu collier chou,
    Doudou à moins, li qu'a pa'ti,
    héla, héla, c'est pou'toujou'.

    2 - Bonjou' monsieur le gouve'neu'
    moin veni' fair un' pétition
    Pou' mander vous la permission
    Pou' laisser doudou moin à moin.

    3 - Non, non, Mam'zel', il est trop tard,
    La consigne est déjà signée,
    Doudou à vous, li qu'a pa'ti
    Le navire est sur la bouée.

    4 - Adieu, Madras, adieu foulards,
    adieu grains d'or, adieu collier chou,
    Doudou à moins, li qu'a pa'ti,
    héla, héla, c'est pou'toujou'.


    CHANTONS POUR PASSER LE TEMPS


    Les marins normands chantaient traditionnellement cette mélodie lorsqu'ils "viraient au cabestan"
    1 - Chantons pour passer le temps
    Les amours jolies d'une belle fille,
    Chantons pour passer le temps
    Les amours jolies d'une fille de quinze ans.
    Aussitôt qu'elle fut promise,
    Aussitôt, elle changea de mise
    Et pris, l'habit de matelot
    Et vint s'embarquer à bord du navire,
    Et pris, l'habit de matelot
    Et vint s'embarquer à bord du vaisseau.


    2 - Le capitaine du bâtiment
    Etait enchanté d'un si beau jeune homme
    Le capitaine du bâtiment
    Le fit appeler sur l'gaillard d'avant;
    Tes beaux yeux, ton joli visage
    Ta tournure et ton joli corsage
    Me font toujours me rappeler,
    Z'a une beauté qui m'était promise,
    Me font toujours me rappeler,
    Z'a une beauté que j'ai tant aimée.

    3 - Monsieur, vous vous moquez de moi,
    Vous me badinez, vous me faites rire,
    Monsieur, vous vous moquez de moi
    Je suis embarqué au port de Lorient.
    Je suis né à la Martinique
    Et même, je suis enfant unique
    Et c'est un navire hollandais,
    Qui m'a débarqué au port de Boulogne
    Et c'est un navire hollandais,
    Qui m'a débarqué au port de Calais

    4 - Ils ont ainsi vécu sept ans,
    Sur le même bateau sans se reconnaitre,
    Ils ont ainsi vécu sept ans,
    Se sont reconnus au débarquement;
    Puisqu'enfin l'amour nous rassemble,
    Nous allons nous marier ensemble;
    L'argent que nous avons gagné,
    Il nous servira pour notre ménage;
    L'argent que nous avons gagné,
    Il nous servira pour nous marier.


    LA CHASSE


    Canon typique de Sologne. Il exprime les beautés de la chasse à cours encore pratiquée de nos jours dans bien des forêts de notre beau pays.
    La trompe sonne dans les bois,
    l'ardente meute passe,
    chasseurs brillants, piqueurs adroits
    S'élancent à la fois.
    Entendez-vous? de trente voix,
    Le bruit frappe l'espace,
    Taïaut, le cerf est aux abois,
    Il meurt, Il meurt je crois.
    Ah! que la chasse soit le plaisir des rois
    Ah! que la chasse soit le plaisir des rois



    SE CANTO


    Chanson très populaire et universellement connue du Béarn. La version présentée, choisie parmis beaucoup, est la plus ancienne variation que nous ayons trouvé.
    1 - Debat ma fenestro
    At oun auselou
    Touto la ney canto,
    Canto sa cansou

    Refrain:
    Se canto que canto,
    Canto pas per you,
    Canto per ma mio
    Qu'ès alen de you.

    2 - Aqeros mountagnos
    Que tan hautes soun,
    M'empéchoun de beyre
    Mas amours oun soun.

    3 - Bassasbous, mountagnos
    Planos, aoussasbous
    Per que posqui beyre
    Mas amour oun soun.

    4 - Aqeros mountagnos
    Tan s'abacheran,
    Et mas amourettos
    Se rapproucharan.



    Traduction:
    1 - Dessous ma fenêtre
    Il y a un oiselet
    Toute la nuit chante,
    Chante sa chanson

    Refrain:
    S'il chante, qu'il chante,
    Il ne chante pas pour moi,
    Il chante pour ma mie
    Qui est loin de moi..

    2 - Ces fières montagnes
    Qui sont si hautes,
    M'empèchent de contempler
    Les traits de mon amour.

    3 - Baissez vous montagnes,
    Plaines, haussez-vous,
    Que mes yeux s'en aillent
    où sont mes amours.

    4 - Ces chères montagnes
    Tant s'abaisseront,
    Qu'à la fin ma mie
    Mes yeux reverront.


    LE VIEUX SOLDAT FRANCAIS


    L'Alsace est ici mise à l'honneur par cet ancien refrain soldatesque resté traditionnel dans nos armées.
    1 - Soldat de la France, mesdames,
    Joyeux comme le vin que je bois
    Ce qui met l'orgueil en mon âme,
    Ce sont mes deux jambes de bois

    2 - Bien sûr, j'ai connu les soufrances,
    La neige et l'orage et le vent.
    Partout j'ai lutté pour la France,
    Mais plein de courage pourtant.

    3 - Je reste français, quoi qu'on fasse,
    Et jusqu'au delà du trépas,
    Je cours et je saute et j'embrasse
    Avec mes deux jambes de bois,

    4 - Je veux si la fièvre m'emporte,
    Qu'au ciel on crie à pleine voix:
    "Ouvrez toutes grandes les portes
    Et place aux deux jambes de bois!"



    La promotion Colonel Cazeilles remercie chaleureusement tous ceux qui ont aidé ou participé à la réalisation de ce coffret. Plus particulièrement Monsieur le Recteur de Porcaro et Monsieur le Recteur de l'abbaye de Paimpont qui nous ont gracieusement autorisé à enregistrer dans leurs murs, Monsieur Yvon Ristori, le Père Roger Morandi, Monsieur le Général Gandouli pour la rime, Monsieur le Lieutenant Kesmaeker et la fanfare du 21è RIMA, Monsieur le Capitaine et la fanfare de la CMD de Rennes.