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C'est par ces mots que le Colonel CAZEILLES, chef de corps du 21eme RIC, entraîna ses hommes à l'assaut contre l'ennemi le 15 juin 1940 en Argonne.
Ce sont bien ces mots qui définissent le mieux l'officier qui va tomber quelques minutes plus tard, blessé par balle puis achevé par les baïonnettes allemandes.
Cette même hargne, cette volonté de ne pas subir, "de vaincre ou de mourir", comme il l'a écrit dans son carnet de tranchées en 1914, on le retrouve à travers l'état de ses blessures et ses citations, au cours d'un carrière qui couvre les conflits majeurs du XXeme siècle.
De la promotion "Croix du drapeau" (1913), il est mobilisé dans l'infanterie métropolitaine dès Août 1914. Commandant une compagnie au feu comme Lieutenant à 22 ans , Capitaine à 23 ans et par trois fois cité pour ses actions héroïques, chevalier de la Légion d'Honneur à 25 ans et héros de l'armée d'Orient, plusieurs fois blessé dans le même assaut, le jeune officier CAZEILLES fait déjà figure de chef exceptionnel.
L'assaut conduit le 15 septembre 1918 sur les pentes arides du Drobropolje jusqu'à l'épuisement fera l'admiration de son chef, le futur maréchal Franchet-d'Esperey.
C'est en 1920 qu'un autre grand chef, Lyautey, reconnaît ses mérites dans le combat de Bou Knadel au Maroc où le capitaine CAZEILLES contre-attaque à la tête de deux compagnies.
1918-1920-1940 : ces trois dates marquent trois actions héroïques, dans des contextes et à des niveaux de responsabilité différents. Ces trois dates scandent sa vie d'homme et de chef.
Officier colonial, sa correspondance et ses états de service révèlent sa passion pour la formation et l'aguerrissement des troupes indigènes. Sa carrière entre les deux guerres est jalonnée par des séjours en Afrique du Nord et en Afrique noire. Il vivra de grandes joies à la tête de son bataillon de Tirailleurs Sénégalais du 6eme RTS.
Officier breveté, écrivain de guerre remarqué pour son ouvrage publié en 1929 sur l'armée d'Orient il sera fait officier des palmes académiques. Ses écrits le montrent en pointe de réflexion sur l'emploi des forces à la veille de la Seconde guerre mondiale.
Officier généreux, sa correspondance nous livre son souci constant du bien-être de ses hommes en Afrique, au front, au quartier, à la tête de sa compagnie, de son bataillon, ou de son régiment. Il écrira des pages d'une grande sensibilité sur ses sosldats morts à ses côtés, en Champagne. La lecture de son carnet de tranchées est émouvante : il souligne d'un large trait la date de son baptême du feu et raconte avec passion sa première "charge" à la tête de sa section.
Officier exigeant, toujours tendu vers l'excellence transformant son expérience en conscience, il transmet avec rigueur son savoir-faire à ses subordonnés afin d'être 'toujour prêt' et 'd'accueillir l'attaque avec calme et bonne humeur'.
Officier d'une jeunesse éclatante, c'était un grand sportif, médaille d'or de l'éducation physique aimant les défis, breveté pilote d'avion en 1924, champion d'escrime, passionné d'équitation et de tir. Il aimait bien en tant que chef de corps, défier ses lieutenants et cultiver ainsi avec panache l'esprit sportif.
Homme complet, alliant des qualités physiques et intellectuelles remarquables, il était exigeant vis à vis de lui-même et des autres, mais aussi généreux et sensible.
Né avec la génération de la Revanche, son destin exceptionnel l'aménera aux lisières du petit village de Rembercourt, haut lieu de l'Histoire de France, où se mêlent 13 siècles d'Histoire. C'est là qu'un officier allemand, après les honneurs rendus à sa dépouille prononcera ces trois mots :
"Il est mort en héros"
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